Quien se sabe profundo se esfuerza por ser claro, Friedrich Nietzsche

Friedrich Nietzsche

Nada hay más fácil que escribir de modo que nadie lo entienda, como, a la inversa, nada es más difícil que exponer idea importantes de modo que todo el mundo las pueda comprender. Lo muy abstruso es pariente de lo absurdo y, sin duda, es infinitamente más probable que encierre una mistificación que una intuición profunda. Todos los artificios antes mencionados resultan innecesarios cuando realmente el autor tiene talento. Esto le permite revelarse tal cual es y confirma en todo tiempo la sentencia de Horacio:

Scribendi recte sapere est et principium et fons.
(El pensar es el principio y la fuente para escribir bien.)

(De Arte poética, 309)

Los mencionados escritores, en cambio, actúan como ciertos orfebres que ensayan cien composiciones diversas para sustituir al oro, el único metal enteramente insustituible. Pero de nada debería guardarse tanto un autor como de querer mostrar que tiene más talento del que, en realidad, tiene, ya que esto despertará en el lector la sospecha de que posee muy poco, pues en cualquier arte tan sólo se afecta tener aquello que, en realidad, no se posee. Así pues, es un elogio cuando se llama “ingenuo” a un escritor. Eso significa que puede permitirse el mostrarse tal cual es. En general, la ingenuidad tiene un atractivo; lo artificioso provoca rechazo.
De hecho, todo gran pensador se esfuerza por expresar sus ideas del modo más puro, claro, seguro y breve posible. Por esta razón, la sencillez ha sido siempre un atributo no sólo de verdad, sino también del genio. El estilo recibe su belleza del pensamiento que expresa; pero, en el caso de estos pretendidos pensadores, los pensamientos han de ser embellecidos por el estilo. El estilo, después de todo, no es más que la silueta del pensamiento. Escribir de modo poco claro o mal significa pensar de modo turbio y confuso.

Arthur Schopenhauer
Pensamiento, palabras y música
Editorial: Biblioteca Edaf
Traductor: Dionisio Garzón

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“Hay que ser profundos en términos claros y no en términos oscuros.”

“Ciertos escritores se crean noches artificiales para dar un aspecto de profundidad a su superficie y más relumbre a sus luces mortecinas”.

Joseph Joubert
Pensamientos
Editorial: periférica
Traductor: Luis Eduardo Rivera

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“Quien se sabe profundo, se esfuerza por ser claro; quien desea parecer profundo a la gran masa, se esfuerza por ser oscuro. Pues la gran masa considera profundo todo aquello cuyo fondo no puede ver: tan temerosa y tan poco le gusta entrar en el agua.”

Friedrich Nietzsche
La gaya ciencia
Editorial: Biblioteca Edaf
Traductor: José Mardomingo Sierra

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Paula Jacques: Michel Foucault, justement, à propos de terrain gardé et de savoir soigneusement gardé également, un des régals de votre livre, en général de ce que vous faites, c’est que ça se situe à un niveau d’analyse […] très élevé mais votre langage est toujours parfaitement accessible, […] est-ce que c’est délibéré, vous voulez ne pas vous enfermer dans un langage de spécialiste ou bien c’est une démarche du fait que vous êtes professeur au Collège de France?

Michel Foucault:  Bon, c’est sans doute une habitude de pédagogue mais alors je dirai ceci:

Il se trouve qu’un certain nombre d’ouvrages qui normalement ne devraient s’adresser qu’à un petit public d’étudiants ou d’universitaires, qui par conséquent pourraient avoir un langage relativement ésotérique, le langage rapide et compliqué des [rire] de la science entre guillemets, ces ouvrages sont lus bien au-delà des limites de l’université. Bon, je crois que ceci doit avoir sa conséquence dans la politique du langage. dès lors qu’on ne se parle plus entre soi mais que c’est écouté au moins un peu au-delà, il faut respecter cette écoute et par conséquent permettre à tous les gens qui n’appartiennent pas, si vous voulez, à la petite franc-maçonnerie, il faut leur permettre de comprendre.

Bon, et puis deuxièmement je dirais ceci: c’est que l’obscurité est tout de même souvent une espèce de lâcheté théorique qui permet aux gens d’esquiver toute critique possible dans la mesure où on n’est jamais très sûr qu’ils ont bien dit ça, et ils ont toujours la ressource de faire valoir qu’ils ne l’ont pas dit. L’obscurité me paraît être l’envers de la terreur. L’espèce de terreur qui a régné, qui règne encore maintenant dans les milieux politico-intellectuels, de Paris surtout, la terreur est quelque chose de complètement malsain, on peut parfaitement n’être pas d’accord avec quelqu’un, le critiquer, analyser pourquoi il dit ça sans le dénoncer, comme on dit, n’est-ce pas, « dénoncer » comme agent du capitalisme [rire], laquais de l’impérialisme international, des choses comme ça. Bon, tout comme cette critique, à la fois exagérée, infatuée, un peu ridicule et terrorisante me paraît déplorable, me paraît aussi déplorable cette espèce de mécanisme de fuite et de protection qu’on a mis en place pour échapper à cette terreur, c’est-à-dire l’obscurité.

Alors abolissons la dénonciation mais renonçons à l’obscurité.

Michel Foucault
Entrevista con Paula Jacques
France Culture, enero de 1977

Foto: Friedrich Nietzsche